René Corona

IL ÉTAIT UNE FOIS LA « PLAINTIVE » ÉLÉGIE …

RÉSUMÉ . Depuis toujours, à travers les poètes, les femmes et les hommes ont, grâce à la plainte, surmonté la douleur du deuil. Qu’elle se nomme sous les Grecs oiktos ou que l’on remémore en les célébrant les disparus par un thrène, l’homme a pu, a su, ainsi diluer la souffrance de la perte. La musique intervenant – la flûte plus précisément – cette plainte est devenu poème, et a pris le nom d’élégie. Notre propos est celui de montrer comment l’élégie – en laissant de côté l’aspect élégiaque qui apparaît dans la littérature un peu partout – a progressé à travers les époques. De chant de deuil, elle est devenue chant d’amour dépité chez les Latins, puis les deux pertes, l’amoureuse et l’existentielle, se sont entremêlées. Au XVIIIe siècle, en France, l’élégie a pris la couleur de la rhétorique et des lieux communs. Redondante en allégories et clichés, elle disparaît dans le courant du XIXe siècle (le sentiment élégiaque au contraire se déploie chez différents poètes du romantisme ) et après les grandes élégies du XXe siècle (un nom pour tous, Rilke), il faudra attendre la fin du siècle pour qu’elle réapparaisse victorieuse et renouvelée avec Emmanuel Hocquard.

ABSTRACT. Da sempre, attraverso i poeti, le donne e gli uomini hanno, grazie al lamento, sormontato il dolore del lutto. Che con i Greci si chiami oiktos o che si ricorsi celebrandoli gli scomparsi con un treno, l’uomo ha potuto, ha saputo, così diluire la sofferenza della perdita. La musica intervenendo – e più particolarmente il flauto – questo lamento è diventato poesia e ha preso il nome di elegia. Il nostro proposito è quello di mostrare come l’elegia –lasciando da parte l’aspetto elegiaco che appare nella letteratura un po’ dappertutto – ha progredito attraverso le epoche. Da canto di lutto, essa è diventata canto d’amore contrariato presso i Latini, poi le due perdite , l’amorosa e l’esistenziale, si sono mescolate. Nel Settecento, in Francia, l’elegia prende il colore della retorica e dei luoghi comuni. Ridondante in allegorie e cliché, scompare durante l’Ottocento (il sentimento elegiaco invece si dispiega nei diversi poeti del romanticismo), dopo le grandi elegie del Novecento (tra i tanti, Rilke) occorrerà aspettare la fine del secolo per vederla riapparire vittoriosa e rinnovata con Emmanuel Hocquard.

 

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